J'entrouvre ici les pages jaunies et racornies de ce que l'on appelle entre nous, élite video-ludico-philosophique, "la Grande
Histoire du Jeu Video". Imaginez une époque où les ordinateurs les plus puissant avaient un écran de la taille d'une demi feuille de papier, une époque où toute couleur intermédiaire entre le
noir profond et le blanc puissants n'existait pas, une époque où le moyen de communication le plus rapide s'appelait le minitel…
C'est à cette époque que naquit un jeu aux ressources inépuisables, au développement infini, à la puissance philosophique abyssale
: le bien-nommé Lode Runner. Dès les premières secondes, le joueur, véritable directeur de conscience du petit être chétif qui court
sur son écran, est en proie à une série de questions torturées : où courir ? où ne pas courir ? sur quelle échelle monter ? dans quel état j'erre ? Hélas, ô grand hélas, pour l'être au monde qui
croyait diriger son avatar pixelisé tel un dieu le destin des hommes, toutes ces questions se renouvelleront encore et encore, à chaque niveau fini et parcouru, sans que jamais l'on sache
pourquoi tant de hâte, vers quel stratosphère philosophique court, monte, grimpe, et grimpe encore et toujours le petit homme courant. Nous voici, explorateurs des espaces pixelo-ludiques, devant
la Grande Inconnue : nous ne saurons jamais, et notre quête sans réponses ne restera qu'une absurdité de plus dans ce monde, qui est, comme le disait le très classe Georges Abitbol, un
"monde de merde".
les +
un graphisme sans fioriture
une quête philosophique profonde
les –
un graphisme basique
une quête sans fin
mot de la fin : Lode Runner 1.0 n'est disponible que sur mac, il existe cependant des versions postérieures qui intéresseront moins le puriste car nous quittons la naiveté simple et le vide philosophique de ce soft.
MirabelLe
